La Statue de Notre-Dame de la Treille

"Dans la statue miraculeuse de Notre-dame de la Treille, la tête serait en marbre et daterait du XIe siècle. Cette tête est attachée au corps par un tenon de fer" (Monsieur CLAIPANAIN)

Le corps de la Vierge et tout l'Enfant Jésus sont en pierre blanche polychrome et postérieurs de plusieurs siècles à la tête de la Vierge. Pourquoi cette anomalie? En 1304 lors du sac de Lille par Philippe Le Bel, à l'époque de sa victoire sur les flamands à Mons-en-Pévèle, la collégiale St Pierre fut brûlée, la statue dans ce sinistre fut brisée et détruite, sauf la tête de la Vierge qui fut recueillie.

Philippe le Bon, duc de Bourgogne et comte de Flandre, rebâtit la collégiale et rétablit la statue jusqu'aux genoux, c'est à dire jusqu'à la naissance de la Treille. Sur ce corps il fit sceller la tête de l'ancienne statue.

En 1667, Louis XIV, après la prise de Lille, désirant respecter les franchises, libertés et privilèges des lillois, souhaite s'engager par serment devant Notre-Dame de la Treille. Aussi s'empressa-t-on avant cela d'achever la statue en faisant sculpter des jambes en chêne.

En 1792, à la suite de la Révolution, fut détruite la collégiale St Pierre. La statue de la Vierge fut achetée par le sacristain, Albert Gambier, qui la garda dans sa demeure, puis en fit don à l'église Sainte Catherine où elle resta quelque peu dans l'oubli jusqu'en 1842 lorsque l'abbé Bernard, curé de la paroisse lui rendit une place d'honneur dans son église.

En 1854, une grandiose procession se fit en l'honneur de Notre-Dame et Mgr Régnier, archevêque de Cambrai, bénit la première pierre de la basilique que nous connaissons et où la Vierge fut transportée en 1872 en présence de Mgr Chigi, nonce à Paris, et de quatorze évêques. En 1874 eurent lieu les grandes fêtes du couronnement de Notre-Dame de la Treille par le Cardinal Régnier, archevêque de Cambrai, légat du Pape Pie IX.

En 1913, le diocèse de Lille fut créé par Rome et en 1914, Pie X désigne la basilique de Notre-Dame comme Cathédrale

 

La construction de la cathédrale Notre Dame de la Treille a débuté en 1860. La conception initiale d’une Cathédrale gothique idéale, inspirée par Viollet-le-Duc, a été soumise à de nombreuses modifications au fil des ans.
La façade Ouest, conçue avec une rosace et deux grandes tours n’a jamais été exécutée. La décision de terminer la Cathédrale avec une nouvelle façade Ouest, qui remplace un ouvrage provisoire, a été prise par l’association diocésaine de Lille au début des années1990.
Elle comprend comme élément essentiel la fermeture de la nef par un portail et une rosace dessinée par l’artiste Ladislas Kijno.Ce projet exige une réponse contemporaine à deux idées liées. La première est celle du gothique qui avait inspiré les hommes il y a 800 ans. La seconde est le projet de cathédrale idéale du siècle dernier, d’ailleurs à l'origine de ce projet inachevé et inachevable. Les sujets sont complexes et passionnants : l’histoire de l’homme et de sa culture, la matière et le spirituel, les ressources et la technologie à la fin du moyen âge et aujourd’hui
.La conception du projet tient compte de “ l’ouvrage inachevé ” et de la juxtaposition des époques successives. On a choisi une simple fermeture de la nef, un voile léger devant le bâti existant, une réponse distincte et franchement contemporaine, qui respecte les étapes précédentes. La composition constructive est basée sur le matériau fondamental des cathédrales historiques : la pierre, et sur la composante culturelle dominante de notre époque : la technologie. Les principaux éléments du projet, l’arcade en forme d’ogive et le voile suspendu, sont minéraux.
Pour l’arcade, qui porte toute la façade, le matériau minéral sert d’élément structurel dans le sens déterministe et analytique. Le voile, la peau entre l’intérieur et l’extérieur, est constitué d’une mince couche translucide. La structure métallique, qui relie et stabilise les éléments en minéraux, est disposée entièrement à l’extérieur pour souligner l’opposition entre espaces intérieur et extérieur. Laprécontrainte transversale dans les poutres au vent de la façade. L’ensemble de 11m de large sur 27 de haut environ, repose sur un caisson de fondation et prend appui sur l’existant au niveau de la naissance de la voûte. Le voile en marbre et la rosace sont suspendus à partir de l’arcade. Les suspentes, la structure de la rosace et les poutres au vent forment une résille métallique. Les noeuds de la résille sont constitués de pièces cruciformes qui portent les panneaux de marbre. Outre le privilège du site et le contenu symbolique du bâtiment, le projet présente l’intéret de révéler un grand nombre d’innovations technologiques potentielles. structure porteuse est formée de l’arcade béton bleu avec une texture pierre et le câble principal qui introduit une précontrainte externe dans l’arcade. Les suspentes, la structure de la rosace et les poutres au vent forment une résille métallique. Les noeuds de la résille sont constitués de pièces cruciformes qui portent les panneaux de marbre. Outre le privilège du site et le contenu symbolique du bâtiment, le projet présente l’intéret de révéler un grand nombre d’innovations technologiques potentielles.