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Les ventes en ligne ont progressé de 22 % en 2009 en Europe, et devraient encore augmenter de près de 20 % cette année selon une enquête, parue lundi 1er février. L'étude, menée par le Centre pour la recherche sur le commerce de détail, à la demande du comparateur de prix en ligne Kelkoo, prévoit précisément une hausse de 19,6 % des ventes, qui atteindraient ainsi 172 milliards d'euros en 2010.
Malgré la crise économique, le commerce électronique a atteint 143,7 milliards d'euros l'année dernière en Europe, pour représenter 4,7 % des ventes de détail. C'est un des secteurs économiques qui enregistre la plus forte croissance en Europe, souligne l'étude, alors qu'il émergeait à peine il y a vingt ans et qu'il avait été affecté par l'éclatement de la bulle internet en 2000. En 2003, il ne pesait que 44,7 milliards d'euros. Paradoxalement, la récession a pu contribuer à l'essor du commerce électronique, en attirant des consommateurs à la recherche des meilleurs prix.
LOGICIELS ET LIVRES D'OCCASION
L'année dernière, le montant moyen déboursé par l'internaute européen a atteint 872,03 euros. Le cyberacheteur britannique a dépensé plus que la moyenne, près de 1 240 euros, et a acheté le plus grand nombre d'articles, 37, contre 10 pour l'internaute polonais. Le cyberacheteur français a déboursé 995 euros pour 20 articles.
Parmi les produits souvent achetés en ligne figurent des logiciels, des anti-virus, de la musique en téléchargement, des téléphones mobiles, ou des produits difficiles à dénicher comme des livres d'occasion. Mais on commence aussi à voir en vente des biens beaucoup plus onéreux, comme des hôtels valorisés plusieurs millions d'euros, des voitures haut de gamme neuves ou d'occasion, des bagues en diamant.
L'essor du commerce électronique a ainsi été tiré par le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne. Dans l'Hexagone, les ventes sur le Net ont bondi d'un tiers (+ 33 %) en 2009 à 24,7 milliards d'euros. Elles se sont élevées en Grande-Bretagne a 42,7 milliards d'euros, et en Allemagne 33,4 milliards d'euros. A eux trois, ces pays totalisent 70 % du commerce en ligne européen.
"2010 sera l'année du véritable décollage des ventes en ligne, qui vont prendre une part significative dans la plupart des pays d'Europe", commente Bruce Fair, directeur général de Kelkoo en Grande-Bretagne. L'e-commerce français devrait encore progresser de 31,4 % à 32,5 milliards d'euros, prévoit l'étude. Au Royaume-Uni, l'e-commerce devrait grimper de 12,4 % et en Allemagne de 17,2 %. A titre de comparaison, aux Etats-Unis, la croissance ne devrait être que de 10 % mais la part des ventes en ligne y dépasse 7 % alors qu'elles ne représentent que 5,5 % en Europe.
Le commerce sur internet a connu un très bon Noël en France et ce mode de distribution devrait continuer d'attirer les enseignes "traditionnelles" en 2010, estime la Fédération de l'e-commerce et de la vente à distance (Fevad).
Dans une étude publiée conjointement avec le secrétariat d'Etat chargé du Commerce, de l'Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services et de la consommation, la Fevad précise que les ventes du e-commerce ont progressé de 26% en 2009, pour atteindre 25 milliards d'euros.
Le chiffre d'affaires s'est inscrit en hausse de 26% au cours des mois de novembre et décembre, à cinq milliards d'euros.
"On est sur un secteur qui double tous les trois ans", a résumé Marc Lollivier, délégué général de la Fevad, précisant que 45% des Français effectuaient désormais une partie de leurs achats sur internet.
Le chiffre d'affaires du e-commerce, qui représente aujourd'hui entre 4% et 4,5% du commerce de détail français hors alimentation et pharmacie, devrait avoisiner 31 milliards d'euros en 2010 et environ 45 milliards en 2012, estiment les analystes de la Fevad.
Les commerçants "traditionnels" ont donc été nombreux à faire leur entrée sur ce canal de distribution et, pour 2010, l'espagnol Zara (Inditex) et l'américain Toys R Us ont annoncé leur intention de s'y lancer.
"Il y en aura d'autres. Les retailers joueront un rôle très important sur internet en 2010", estime Marc Lollivier.
eBay, Price Minister et Amazon figurent aujourd'hui en tête du palmarès français des e-commerçants en nombre de visiteurs uniques.
Quelques distributeurs "classiques", comme la Fnac (groupe PPR) ou La Redoute, se sont déjà taillé une place au rang des dix premiers sites internet visités par les Français pour leurs achats en ligne.
Le groupe Casino détient quant à lui le site internet Cdiscount, septième du classement en 2009.